GRÈVE DES MÉDECINS LIBÉRAUX - JANVIER 2026

Mobilisation des médecins libéraux – Janvier 2026 :

Pourquoi ce mouvement ?


Du 5 au 15 janvier 2026, les médecins libéraux de toute la France s’engagent dans une grève nationale sans précédent, appelés par l’ensemble des syndicats représentatifs (MG France, CSMF, FMF, UFML, SML, Avenir Spé / Le Bloc, Jeunes Médecins, Médecins pour demain…) pour protester contre plusieurs dispositions du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2026, définitivement adopté en décembre 2025, et contre le projet de loi de lutte contre la fraude sociale.


1. Le PLFSS 2026 :

une loi jugée destructrice pour la médecine libérale


Les syndicats considèrent que le PLFSS 2026 va aggraver l’accès aux soins et détériorer la qualité de la médecine de proximité :

  • Financement insuffisant de la médecine de ville
    Le plafond de dépenses alloué aux soins de ville reste très bas par rapport aux besoins réels, mettant en péril la viabilité économique des cabinets libéraux et la capacité à répondre aux besoins des patients.

  • Contraintes administratives accrues
    Des mesures telles que des sanctions financières liées à l’utilisation du Dossier Médical Partagé (DMP) – alors même que son intégration dans les logiciels n’est pas efficace – sont perçues comme une surcharge administrative injustifiée qui détourne le médecin du soin.

  • Pression sur les revenus professionnels
    La possibilité donnée à l’Assurance Maladie de modifier ou baisser certains tarifs d’actes techniques sans négociation préalable est considérée comme un coup porté à l’attractivité de l’exercice libéral, en particulier pour les spécialistes.

  • Liberté professionnelle menacée
    Le PLFSS est perçu comme renforçant une logique de contrôle administratif des prescriptions, au détriment de la liberté de prescription et de la décision médicale personnalisée.

Selon les syndicats, ces mesures conduiront inévitablement à moins de médecins disponibles, à des délais d’accès aux soins plus longs, et à une qualité de prise en charge médicale amoindrie, notamment dans les territoires déjà fragilisés par les déserts médicaux.


2. Le projet de loi contre la fraude :

une menace pour l’autonomie médicale


En parallèle du PLFSS, les médecins libéraux s’opposent également au projet de loi de lutte contre la fraude sociale et fiscale, examiné au Parlement, qui contient des dispositions très contestées par la profession :

  • Mise Sous Objectifs (MSO) obligatoire
    Une mesure du projet rendrait obligatoire la mise sous objectif des médecins jugés surprescripteurs d’arrêts maladie, sans possibilité de recours préalable, ce qui est perçu comme une ingérence administrative dans la liberté de prescription et un risque de sous-prescription pour les patients qui en ont réellement besoin.

  • Contrôle accru des données de santé
    Certaines dispositions pourraient élargir le partage des données avec des acteurs privés (complémentaires santé) au nom de la lutte contre la fraude, ce que des organisations estiment être une atteinte inacceptable au secret médical et à la confiance patients-médecins.

Pour les syndicats, ces mesures instaurent une logique de suspicion permanente envers les actes médicaux, en contradiction avec l’exercice fondé sur la confiance et l’éthique, et risquent de dissuader les médecins de répondre pleinement aux besoins de leurs patients.


3. En résumé :

ce qui motive la grève


Les médecins libéraux expliquent que la conjonction de ces réformes risque de :

  • Réduire l’offre de soins disponible, avec des cabinets fermés, des départs à l’étranger ou des désinstallations, aggravant encore les déserts médicaux.

  • Allonger les délais pour obtenir un rendez-vous médical.

  • Placer la logique budgétaire au-dessus de la décision médicale, au détriment de la qualité et de la personnalisation des soins.

  • Créer des contraintes financières et administratives disproportionnées, accablant particulièrement les cabinets déjà fragilisés.